Lorsqu’on parle de réduire le poids d’un sol sur un plancher existant, d’améliorer l’isolation thermique d’un système de sol ou de rattraper un niveau sans surcharger la structure, un même produit revient systématiquement dans les recherches : la chape légère, également appelée chape allégée. Les deux expressions désignent la même solution technique et sont utilisées de façon interchangeable par les fabricants comme par les professionnels du bâtiment, ce guide les emploie donc indifféremment.
Contrairement à la chape traditionnelle sable-ciment ou à la chape fluide autonivelante, qui font l’objet d’un DTU ou d’un Avis Technique dédié, la chape légère se situe à la croisée de plusieurs catégories normatives selon sa fonction exacte dans la stratigraphie : couche de forme, sous-couche isolante rapportée, ou chape désolidarisée/flottante allégée au sens du NF DTU 26.2. Cette imprécision volontaire du langage courant est justement une source de confusion, en particulier avec la chape sèche, un système technique totalement différent qui revendique lui aussi d’être « la chape la plus légère du marché ».
Table des matières
- Qu’est-ce qu’une chape légère (ou chape allégée) ?
- De quoi est faite une chape allégée ? Matériaux, dosages et classes de résistance
- Classement au feu des chapes allégées
- Chape allégée ou chape sèche : quelle différence ?
- Avantages de la chape légère : combien de poids gagne-t-on réellement ?
- Comment fabrique-t-on une chape allégée ?
- Comment poser une chape légère ? Les étapes clés
- Joints de fractionnement et de dilatation pour chape allégée
- Quelle épaisseur pour une chape légère ?
- Quel poids pour une chape allégée ? Densité, charge et exemple de calcul
- Combien de temps pour sécher une chape allégée ?
- Cas particuliers : plancher bois, extérieur, plancher chauffant, pièces humides
- Défauts courants d’une chape allégée et comment les éviter
- Nos conseils avant de vous lancer
- Les solutions Overmat pour la chape et la sous-couche allégée
- FAQ
Qu’est-ce qu’une chape légère (ou chape allégée) ?
Une chape légère (ou chape allégée) est un mortier à base de liant hydraulique dont la masse volumique a été volontairement réduite par rapport à une chape traditionnelle sable-ciment (généralement 1 800 à 2 000 kg/m³), en remplaçant tout ou partie du sable par un granulat léger (billes de polystyrène expansé, argile expansée, vermiculite) ou en introduisant de l’air dans le mélange sous forme de mousse, ce qui donne un béton cellulaire.
Le NF DTU 26.2 (« Chapes et dalles à base de liants hydrauliques ») ne définit pas la « chape légère » comme une catégorie normative à part entière : il encadre les chapes désolidarisées et flottantes en général, quel que soit le liant ou le granulat utilisé, à condition que les seuils de résistance mécanique de la NF EN 13813 (classes C et F) soient respectés. Une chape allégée destinée à recevoir directement un revêtement doit donc être formulée pour atteindre une classe de résistance suffisante, ce qui la distingue nettement d’un simple béton cellulaire de comblement, qui lui n’a pas vocation à recevoir un revêtement en direct.
📌 Note
Dans la pratique du secteur, on distingue deux usages bien différents sous le même terme de « chape légère ». D’un côté, une forme de pente ou une sous-couche allégée (comblement, isolation, intégration de réseaux), qui ne reçoit jamais directement le revêtement final et doit toujours être recouverte d’une chape de finition. De l’autre, une chape allégée de finition, dosée pour atteindre une classe de résistance mécanique suffisante et recevoir directement carrelage, parquet ou résine. Confondre les deux usages est l’une des erreurs les plus fréquentes constatées sur les chantiers.
De quoi est faite une chape allégée ? Matériaux, dosages et classes de résistance
Le liant reste le plus souvent un ciment courant conforme à la NF EN 197-1, visé comme les autres liants par la NF EN 13813. Le dosage en ciment est généralement compris entre 250 et 350 kg/m³ pour un béton cellulaire, contre 300 à 400 kg/m³ pour une chape sable-ciment traditionnelle : le liant reste donc dans une plage comparable, la différence de poids provient presque exclusivement du granulat ou de l’air incorporé, pas d’une réduction du dosage en ciment.
Le béton cellulaire (mousse)
Obtenu en incorporant une mousse préformée (eau + agent tensioactif moussant + air comprimé) dans un coulis ciment/eau, sans aucun granulat solide. C’est la seule des quatre solutions dont l’allègement provient uniquement de l’air, ce qui lui garantit une composition purement minérale et un classement au feu A1 immédiat. C’est aussi la solution la plus légère de cette liste et celle qui offre la meilleure isolation thermique, au prix d’une résistance mécanique plus limitée.
Le composite billes de polystyrène expansé (PSE)
Le sable est remplacé, en partie ou en totalité, par des billes de polystyrène expansé (généralement calibrées entre 2 et 6 mm). Contrairement au béton cellulaire, il s’agit d’un granulat solide incorporé au mortier ciment/eau/sable, ce qui permet d’ajuster plus finement la densité finale selon le taux de substitution retenu. Cette solution offre un bon compromis entre allègement et résistance mécanique, mais nécessite une vérification du classement au feu produit par produit, le polystyrène étant lui-même un matériau combustible.
La vermiculite expansée
Minéral naturel expansé par traitement thermique, utilisé en remplacement du sable au même titre que les billes PSE. Sa densité et ses performances mécaniques sont comparables aux dosages PSE modérés, mais avec l’avantage d’être un matériau minéral incombustible, ce qui en fait une alternative intéressante au polystyrène lorsqu’une garantie de classement au feu A1 est requise sans recourir au béton cellulaire.
L’argile expansée
Granulats d’argile cuite et expansée, plus denses que le polystyrène ou la vermiculite. C’est la solution la moins « légère » des quatre, mais celle qui offre la meilleure résistance mécanique à densité comparable, ce qui la rend pertinente lorsque la chape allégée doit malgré tout recevoir un revêtement soumis à une charge d’exploitation plus importante.
| Matériau | Dosage/composition | Densité indicative | Résistance à la compression à 28 jours | Conductivité thermique λ | Classe NF EN 13813 |
|---|---|---|---|---|---|
| Béton cellulaire (mousse) | Ciment 250-350 kg/m³ + eau + agent moussant tensioactif (mousse préformée, densité env. 40-80 g/L) | 300 à 500 kg/m³ | Environ 0,5 à 1,5 MPa (5 à 15 kg/cm²) | Environ 0,07 W/(m·K) | CT-C5-F1 à CT-C7-F1 selon dosage |
| Composite billes PSE | Ciment 300-350 kg/m³ + billes PSE (granulométrie 2-6 mm) en substitution partielle ou totale du sable | 400 à 800 kg/m³ selon taux de substitution | Variable, généralement 1 à 4 MPa selon densité | Environ 0,08 à 0,12 W/(m·K) | CT-C7-F2 à CT-C16-F3 selon dosage |
| Vermiculite expansée | Ciment + vermiculite en remplacement du sable | 500 à 800 kg/m³ | Comparable aux dosages PSE modérés | Environ 0,10 à 0,15 W/(m·K) | Variable selon dosage, du même ordre que le PSE |
| Argile expansée | Ciment + granulats d’argile expansée (calibre variable) | 900 à 1 200 kg/m³ | Plus élevée que PSE/vermiculite à densité comparable | Environ 0,15 à 0,25 W/(m·K) | Classes supérieures, proches d’une chape allégée « haute résistance » |
📌 Note
La densité apparente sèche de ces matériaux se mesure selon des méthodes normalisées comparables à celles des isolants thermiques (NF EN 1602 pour la masse volumique apparente), et la conductivité thermique par des essais de type NF EN 12664/12667. Ces valeurs restent cependant spécifiques à chaque produit commercial : les plages indiquées ici sont des ordres de grandeur de la littérature technique du secteur, à vérifier systématiquement dans la fiche technique ou la Déclaration des Performances (DoP) du produit réellement utilisé.
Quel matériau choisir ?
Le choix ne se résume jamais au seul critère du poids. Trois questions permettent de trancher :
- Le contexte impose-t-il un classement au feu A1 ? (ERP, exigence réglementaire spécifique) : béton cellulaire, vermiculite ou argile expansée, en écartant d’office le PSE sans vérification documentaire.
- La priorité est-elle l’isolation thermique ou la résistance mécanique ? Le béton cellulaire maximise l’isolation et minimise le poids ; l’argile expansée maximise la résistance mécanique au prix d’un poids et d’une conductivité plus élevés ; le PSE et la vermiculite se situent entre les deux.
- La chape allégée reçoit-elle directement le revêtement, ou est-elle recouverte d’une chape de finition ? Dans le premier cas, la classe de résistance NF EN 13813 requise par le DTU du revêtement final oriente vers un composite PSE ou une argile expansée plutôt que vers un béton cellulaire pur, dont les classes de résistance restent les plus basses.
Classement au feu des chapes allégées
Le classement de réaction au feu, défini par la NF EN 13501-1 (Euroclasses), dépend directement de la nature du granulat utilisé :
- Le béton cellulaire, la vermiculite et l’argile expansée sont des matériaux minéraux : ils sont généralement classables A1 (incombustible), sans contribution au feu.
- Le polystyrène expansé est en revanche un matériau combustible (classement E ou F sous forme brute). Sa dilution dans la matrice cimentaire modifie le comportement global du composite, mais le classement de réaction au feu de la chape finie dépend du taux d’incorporation et doit être vérifié produit par produit, généralement via un rapport d’essai ou une Déclaration de Performance (DoP) du fabricant, plutôt que présumé par défaut.
📌 Note
Dans les établissements recevant du public (ERP) ou tout contexte où une exigence de réaction au feu stricte s’applique, une solution à base de béton cellulaire, de vermiculite ou d’argile expansée offre une garantie de classement A1 immédiate, alors qu’une solution PSE nécessite une vérification documentaire spécifique du produit retenu.
Chape allégée ou chape sèche : quelle différence ?
Une confusion fréquente mérite d’être clarifiée : la chape sèche (parfois vendue sous des marques comme Fermacell ou Knauf) n’est pas une variante de la chape allégée, mais un système technique totalement différent. Elle repose sur des granulats secs (billes d’argile expansée, perlite) ou des panneaux dérivés du bois/gypse, posés directement sur un isolant, sans aucune eau de gâchage.
| Critère | Chape allégée (humide) | Chape sèche |
|---|---|---|
| Procédé | Mélange humide, coulé ou pompé | Granulats secs ou panneaux posés, sans eau |
| Délai de séchage | Nécessaire, avec mesure d’humidité résiduelle obligatoire | Aucun : mise en service quasi immédiate |
| Résistance mécanique | Généralement supérieure, selon dosage | Généralement plus faible, dépendante du système panneau |
| Épaisseur typique | 3 à 20 cm selon fonction | Souvent plus fine, système panneau standardisé |
| Cas d’usage privilégié | Neuf, rénovation avec délai de chantier disponible | Rénovation avec délai de chantier très court ou hauteur limitée |
📌 Note
Lorsqu’une recherche porte sur « la chape la plus légère du marché » ou « la chape sèche la plus légère », il s’agit souvent en réalité de deux familles de produits différentes répondant à deux besoins différents (réduction de poids avec mise en œuvre humide classique, ou rapidité de mise en œuvre sans eau). Le choix entre les deux ne doit donc pas se limiter au seul critère du poids.
Avantages de la chape légère : combien de poids gagne-t-on réellement ?
- Réduction de la charge permanente sur la structure : à titre d’exemple de calcul, pour une épaisseur de 10 cm, une chape sable-ciment traditionnelle (densité ≈ 1 900 kg/m³) pèse environ 190 kg/m², contre environ 30 à 50 kg/m² pour un béton cellulaire à 300-500 kg/m³ à la même épaisseur, soit une réduction de l’ordre de 75 à 85 % de la charge permanente. Pour un composite PSE à 600 kg/m³, le poids à 10 cm d’épaisseur atteint environ 60 kg/m².
- Amélioration de l’isolation thermique : avec une conductivité thermique de l’ordre de 0,07 W/(m·K) pour le béton cellulaire contre environ 1,3 à 1,6 W/(m·K) pour une chape sable-ciment traditionnelle, la résistance thermique apportée à épaisseur égale est très largement supérieure.
- Comblement de volumes importants sans alourdir excessivement l’ouvrage, avec une épaisseur usuelle de 10 à 20 cm pour les couches de forme en béton cellulaire.
- Bonne compatibilité avec la plupart des revêtements, à condition de respecter les classes de résistance mécanique NF EN 13813 requises par le DTU du revêtement final (carrelage selon le NF DTU 52.2, parquet collé selon le NF DTU 51.2, sols résine selon le NF DTU 54.1).
Comment fabrique-t-on une chape allégée ?
Pour un béton cellulaire, la mousse est produite séparément via un générateur de mousse (eau + agent tensioactif moussant + air comprimé), à une densité de mousse préformée généralement comprise entre 40 et 80 g/L, puis incorporée au coulis ciment/eau dans des proportions calculées pour atteindre la densité finale visée. Un écart de dosage de la mousse se répercute directement et proportionnellement sur la densité, la résistance mécanique et la conductivité thermique du produit fini.
Pour un composite PSE, les billes de polystyrène sont incorporées au mortier ciment/eau/sable en proportion variable selon la densité visée, avec un risque spécifique de ségrégation (remontée des billes en surface) si le mélange n’est pas homogénéisé en continu.
En production manuelle, le dosage et le mélange sont réalisés sur place avec un malaxeur de chantier, avec une variabilité importante d’un gâchage à l’autre selon le savoir-faire de l’opérateur.
En production par centrale automatisée, une centrale mobile chape gère électroniquement le dosage de chaque composant, y compris la génération contrôlée de la mousse ou le dosage précis des billes PSE. Le matériau est mélangé dans une première cuve puis homogénéisé et pompé en continu (généralement par pompe à vis, adaptée à la viscosité de ces mélanges) directement jusqu’au point de pose.
Comment poser une chape légère ? Les étapes clés
- Préparation du support : nettoyage, vérification de la planéité, pose éventuelle d’un écran de désolidarisation ou d’une sous-couche isolante (NF P 61-203, classes SC1/SC2).
- Mise en place des bandes résilientes périphériques, selon le NF DTU 26.2, avec une bande compressible d’au moins 3 mm (5 mm en présence d’un plancher chauffant).
- Dosage et production du matériau, manuellement ou via centrale automatisée.
- Épandage et réglage sur toute la surface, au tirage à la règle.
- Séchage et contrôle avant toute pose ultérieure, avec mesure de l’humidité résiduelle à la bombe au carbure.
Joints de fractionnement et de dilatation pour chape allégée
Comme pour une chape traditionnelle, une chape allégée de grande surface nécessite des joints de fractionnement pour limiter les effets du retrait. Le retrait d’un béton cellulaire est généralement plus élevé que celui d’une chape sable-ciment classique, en raison d’un volume de pâte de ciment proportionnellement plus important par rapport au volume de granulat : un espacement des joints plus resserré que pour une chape traditionnelle (souvent tous les 25 à 30 m² au lieu de 40 m²) est donc fréquemment recommandé par les fabricants, en complément des joints systématiques aux passages de porte et changements de forme du local.
📌 Note
Ce paramètre d’espacement reste spécifique à chaque produit commercial et doit être vérifié dans la fiche technique du fabricant plutôt que généralisé sans vérification.
Quelle épaisseur pour une chape légère ?
Lorsqu’une chape allégée est posée en tant que forme de pente ou sous-couche de comblement, son épaisseur usuelle est de 10 à 20 cm pour un béton cellulaire. Sur toiture ou terrasse, une pente d’écoulement généralement comprise entre 1,5 et 3 % (le plus souvent autour de 2 %) est retenue pour ce type de forme allégée, dans le cadre des dispositions du NF DTU 20.12 relatif aux formes de pente sur support maçonné destiné à recevoir une étanchéité.
Lorsqu’en revanche la chape allégée constitue elle-même l’ouvrage recevant directement le revêtement, les seuils du NF DTU 26.2 s’appliquent selon le mode de pose retenu : épaisseur minimale de 3 cm en pose adhérente, 5 cm en pose désolidarisée, et en pose flottante 5 cm nominal (jamais inférieure à 4 cm localement) sur isolant SC1, 6 cm nominal (jamais inférieure à 4,5 cm) sur isolant SC2, avec obligation de treillis soudé si l’épaisseur descend sous 6 cm.
Quel poids pour une chape allégée ? Densité, charge et exemple de calcul
| Matériau (épaisseur 10 cm) | Densité retenue | Poids surfacique approximatif |
|---|---|---|
| Chape sable-ciment traditionnelle | ≈ 1 900 kg/m³ | ≈ 190 kg/m² |
| Composite argile expansée | ≈ 1 000 kg/m³ | ≈ 100 kg/m² |
| Composite billes PSE (dosage modéré) | ≈ 600 kg/m³ | ≈ 60 kg/m² |
| Béton cellulaire | ≈ 400 kg/m³ | ≈ 40 kg/m² |
La charge que la chape peut ensuite supporter en surface dépend de sa classe de résistance NF EN 13813 : plus la densité est réduite, plus ces résistances sont généralement plus faibles à dosage de liant égal.
Combien de temps pour sécher une chape allégée ?
La structure alvéolaire du béton cellulaire retient davantage l’humidité en profondeur qu’une chape traditionnelle, ce qui allonge généralement le temps de séchage réel à épaisseur comparable, en particulier au-delà de 15 cm. Avant toute pose de chape de finition ou de revêtement, la mesure de l’humidité résiduelle est obligatoire, par la méthode de la bombe au carbure (test CM), seule méthode reconnue par les DTU de revêtements de sols en France.
📌 Note
Ne jamais se fier uniquement au temps écoulé pour juger une chape allégée prête à recevoir un revêtement. L’aspect sec en surface d’un béton cellulaire peut masquer une humidité résiduelle encore élevée en profondeur, en particulier sur les épaisseurs supérieures à 15 cm.
Cas particuliers : plancher bois, extérieur, plancher chauffant, pièces humides
Chape allégée sur plancher bois : le NF DTU 26.2 vise les chapes sur support maçonné ou béton, pas la pose directe sur un plancher bois (solivage, panneaux OSB ou particules). Une chape allégée sur plancher bois relève donc généralement d’un système spécifique couvert par un Avis Technique (ATec/DTA) propre au fabricant, combinant souvent une membrane de désolidarisation et parfois un treillis de répartition, afin de gérer la flexibilité du support bois et d’éviter la fissuration liée aux micro-mouvements du plancher. Le poids ajouté doit rester compatible avec la capacité portante du plancher existant, ce qui explique pourquoi le béton cellulaire ou le composite PSE léger sont les solutions les plus fréquemment retenues dans ce cas plutôt qu’une chape allégée à base d’argile expansée, plus dense.
Chape allégée en extérieur / toiture-terrasse : utilisée comme forme de pente sous étanchéité (NF DTU 20.12), avec une pente de l’ordre de 1,5 à 3 %. Le béton cellulaire, incombustible et peu sensible au gel en tant que couche protégée par l’étanchéité, est couramment retenu dans ce contexte.
Chape allégée et plancher chauffant : lorsqu’elle sert de sous-couche isolante sous un plancher chauffant, la chape allégée ne doit jamais être confondue avec la chape chauffante elle-même (qui enrobe directement les tubes, encadrée par le NF DTU 65.14). Sa fonction se limite alors à l’isolation thermique vers le bas, tandis qu’une chape de finition classique ou fluide enrobe les tubes au-dessus.
Chape allégée en pièce humide : comme pour toute chape, une étanchéité complémentaire (membrane ou résine) reste nécessaire au-dessus de la chape avant la pose du revêtement en salle de bains, buanderie ou tout local à risque d’infiltration.
Défauts courants d’une chape allégée et comment les éviter
- Fissuration de retrait : plus fréquente que sur une chape traditionnelle en raison du volume de pâte de ciment proportionnellement plus élevé ; prévenue par un espacement des joints plus resserré et un séchage progressif sans dessiccation trop rapide.
- Ségrégation des billes PSE : remontée des billes en surface si le malaxage n’est pas homogène en continu, entraînant une surface hétérogène et une résistance superficielle irrégulière.
- Tassement ou affaissement localisé : lié à un dosage en mousse ou en granulat léger irrégulier d’un gâchage à l’autre, d’où l’intérêt d’un dosage automatisé et contrôlé plutôt que manuel sur les surfaces importantes.
- Faible dureté superficielle : les formulations très allégées (basse densité) présentent une cohésion de surface plus faible qu’une chape traditionnelle ; un primaire d’adhérence ou une chape de finition rapportée est alors nécessaire avant la pose du revêtement.
- Humidité résiduelle sous-estimée : l’aspect sec en surface ne garantit pas l’absence d’humidité résiduelle en profondeur.
Les solutions Overmat pour la chape et la sous-couche allégée
Overmat, entreprise italienne leader dans la production d’installations automatisées de malaxage et de pompage, conçoit et fabrique des systèmes dédiés à la production de chapes et sous-couches allégées à base de béton cellulaire et de polystyrène. Ces centrales mobiles chape s’adressent aux professionnels recherchant fiabilité, précision de dosage et rendement élevé sur chantier.
La Série A est dédiée à la production de sous-couches allégées (mousse, polystyrène ou produit mixte) ainsi que d’autonivelant prémélangé, avec un dosage automatique et certifiable de chaque composant et un débit pouvant atteindre 25 m³/h en béton cellulaire. Certains modèles de camion chape disposent même de deux compartiments de liant indépendants, permettant de produire un produit allégé et un autonivelant prémélangé au cours de la même journée.
Une machine à chape de la Série EPS est quant à elle spécialisée dans les sous-couches allégées à base de polystyrène en gros volume, disponible sur camion ou semi-remorque, avec un débit pouvant atteindre 15 m³/h. Grâce à une double cuve de malaxage, le pompage s’effectue en continu : la machine dose les composants dans le premier mélangeur, les homogénéise dans le second, puis pompe directement le matériau jusqu’au point de pose.
À la demande, les deux séries sont également disponibles en version Plug-in Hybrid ou Battery Full-Electric. L’ensemble du processus est enregistré par l’ordinateur de bord et peut être consulté à distance grâce à MixerApp, l’outil de monitoring Overmat qui permet de suivre en temps réel l’état de la machine, la localisation du véhicule et la production réalisée.
FAQ
Quelle est la chape la plus légère du marché ?
Il n’existe pas une chape unique universellement « la plus légère ». Le béton cellulaire figure parmi les solutions les plus légères en mise en œuvre humide (densité pouvant descendre autour de 300 kg/m³), tandis que la chape sèche répond à un besoin différent (absence de délai de séchage) plutôt qu’à une simple recherche de légèreté.
Qu’est-ce qu’une chape légère isolante ?
C’est une chape allégée dont la formulation vise spécifiquement à réduire la conductivité thermique du système de sol. Le béton cellulaire atteint une conductivité de l’ordre de 0,07 W/(m·K), le composite PSE se situe généralement entre 0,08 et 0,12 W/(m·K).
Quel ciment pour chape allégée ?
Un ciment courant conforme à la NF EN 197-1 est généralement utilisé, dosé entre 250 et 350 kg/m³ pour un béton cellulaire.
Quel produit pour chape allégée ?
Le choix dépend de l’usage : béton cellulaire pour un comblement léger classé A1 au feu, composite polystyrène pour une isolation renforcée, vermiculite pour une meilleure tenue au feu qu’une solution plastique, argile expansée pour une résistance mécanique plus élevée.
Quel ragréage sur chape allégée ?
Un ragréage adapté au support est nécessaire avant la pose du revêtement, en particulier sur les formulations les plus allégées dont la cohésion de surface est plus faible qu’une chape traditionnelle. Un primaire d’adhérence est généralement appliqué au préalable pour réguler l’absorption et garantir l’accroche du ragréage, conformément aux préconisations du fabricant du produit de ragréage utilisé.
Quel est le poids d’une chape allégée pour carrelage ?
À 10 cm d’épaisseur, un composite billes PSE (dosage modéré, environ 600 kg/m³) pèse environ 60 kg/m², contre 100 kg/m² pour une argile expansée. Pour recevoir directement du carrelage, la chape doit toutefois atteindre la classe de résistance NF EN 13813 requise par le NF DTU 52.2 : les formulations les plus denses (PSE dosé ou argile expansée) sont donc généralement préférées à un béton cellulaire pur, dont les classes de résistance restent les plus basses.
Quelle est la différence entre une chape allégée et un ragréage ?
Une chape allégée est un ouvrage à part entière, posé sur plusieurs centimètres pour niveler, alléger la charge ou isoler, avec un délai de séchage et un contrôle d’humidité résiduelle obligatoires. Le ragréage est une pâte autolissante appliquée en couche fine (quelques millimètres à 1-2 cm) pour corriger la planéité ou la résistance de surface d’un support existant avant la pose du revêtement : il ne remplit ni fonction d’allègement de charge, ni fonction d’isolation, contrairement à la chape allégée.
Qu’est-ce qu’une chape de ravoirage allégée ?
C’est une couche de rattrapage de niveau réalisée en matériau allégé (le plus souvent béton cellulaire), utilisée pour compenser de fortes différences de niveau ou enrober des réseaux volumineux avant la pose de la chape de finition. Comme tout ravoirage, elle n’est jamais un support de revêtement direct : elle doit systématiquement être recouverte par une chape de finition dimensionnée selon la classe de résistance requise par le revêtement final.